Barf, Raw feeding, ration ménagère, croquettes, avec ou sans céréales... comment choisir le mieux pour son chien ?

Publié le 28 juin 2026 à 11:40

Avant toutes choses il me semble important de comprendre un peu l’anatomie, la physiologie, la digestion etc, du chien.

Le chien est un carnivore opportuniste. Je vous explique...

Son anatomie et sa physiologie le montrent clairement comme un carnivore:

* Sa mâchoire a la particularité de ne pouvoir bouger que du haut vers le bas ( pas de mouvement rotatoire), pour écraser et déchirer, trancher, broyer les aliments, grâce entre autre aux molaires carnassières (paires de dents formées par la dernière prémolaire supérieure et la première molaire inférieur, très tranchantes).

Il ne peut donc pas macher finement la nourriture comme le nécessite les aliments très fibreux, les céréales, les légumes et autres végétaux…)

* Ses 42 dents (sauf le chow chow qui lui en a 44, vestiges de sa vie de canidé sauvage

semble-t’il) sont particulièrement adaptées à la chasse et à la consommation de la viande : 12 incisives pour couper et arracher la viande ; 4 canines acérées permettant de saisir, tuer les proie et de perforer la viande ; 16 prémolaires et 10 molaires pour broyer les os, même les plus gros.

* Une salive ultra-lubrifiante et très abondante contenant des enzymes et des peroxydases permettant une première « désinfection des aliments ».

La particularité du chien par rapport aux autres animaux carnivores est la présence d’amylase (permettant de digérer l’amidon contenu dans les céréales et végétaux) dans la salive en quantité modulable. Cela permet a l’organisme d’en produire plus ou moins en fonction de ce que consomme l’animal. Ce mécanisme adaptatoire permet donc à l’animal de pouvoir adapter son alimentation en l’absence de proie.

C’est cela qui fait de lui un animal dit « opportuniste » : Pas de viande?  Qu’à cela ne tienne, je vais consommer de façon temporaire des céréales et végétaux pour survivre !

 

Cela a permis à nos chiens domestiques de pouvoir s’adapter tant bien que mal (plus mal que bien malheureusement) à l’alimentation industrielle, basée majoritairement sur des végétaux et des céréales.

Pour autant, ce mécanisme reste un mécanisme de survie et ne fait pas de nos chiens des omnivores, la preuve en est de cette mâchoire incapable de la mastication fine nécessaire à la digestion complète des fibres et de l’amidon !

 

* Son œsophage est très long, composé intégralement de muscles striés ce qui lui permet une très bonne déglutition et il présente une élasticité incroyable, tout cela lui permettant d’avaler de très gros morceaux, très rapidement (avant qu’un autre prédateur ne vienne lui piquer son festin).

 

*Son estomac est, proportionnellement à sa taille, gigantesque ! De 1/2 litre pour les plus petits chiens, jusqu’à 8l pour les plus gros ! Là encore cette particularité est totalement adaptée à l’animal carnivore. Dans la nature, les carnivores doivent chasser pour se nourrir et doivent pouvoir ingurgiter, très vite comme on l’a vu, un stock de nourriture important à la fois.

Hors de question de gâcher la proie en en laissant la moindre miette, sachant qu’on ne sait pas quand sera le prochain repas !

Le ph de leur estomac est très très acide (ph de 1 à 2) pour « stériliser » leurs aliments afin de manger sans danger toute cette bonne viande crue, pas toujours fraîche et souvent très riche en bactérie (la chaîne du froid ? Connais pas!).

Cela explique que votre poilu soit capable de manger des charognes bien degueu, sans que cela ne le rende malade !

 

*Un intestin grêle proportionnellement court mais permettant une très bonne absorption.

*Un transit rapide : 4 à 15 heures (contre 72 chez l’humain), les protéines étant bien plus rapide à assimiler que les glucides !

 

 

Tout cela nous donne de bonnes indications sur l’alimentation idéale pour nos chiens.

Tout d’abord, l’absence de mastication, la rapidité du transit font qu’il n’est pas capable de digérer, sur du long terme les végétaux et céréales en grandes quantité.

Dans la nature, sauf pénurie temporaire de viande, les seules végétaux que le chien mangeraient serait ceux du contenu gastrique, déjà prédigérés, de ses proies.

 

Les croquettes

 

De façon générale, les aliments humides sont toujours mieux digérés et mieux absorbés que les aliments secs.

 

Le combo croquettes (aliment sec) + céréales est donc particulièrement indigeste pour le chien !

Il ralentit la digestion et fatigue l’organisme qui dépense beaucoup d’énergie à réhydrater l’aliment puis à le digérer de façon incomplète. Les aliments mal digérés traînent longtemps dans le système digestif entraînant fermentation, troubles digestifs, maladies de peau, maladies inflammatoires, articulaires et j’en passe.

En plus de cela, vous imaginez vous manger toute votre vie, un aliment unique, à la même saveur, que vous n’avez pas à mâcher ?

Car même si le chien n’est pas capable de mâcher finement il a pour autant un gros besoin de mastication. 

 

Pour finir, les croquettes sont des produits industriels qui contiennent du sucre et des additifs à la pelle, dont les fabricants ne font preuves d’aucune transparence quand au contenu précis, au mode de fabrication etc.

Oui oui, désolée pour les aficionados de la croquette mais même les croquettes haut de gamme sont un fléaux alimentaires pour nos animaux. Tout comme les produits industriels, même bio, le sont pour nous !

 

Et si vraiment vous ne pouvez pas faire autrement, alors choisissez des croquettes sans céréales. Attention toutefois car parfois elles sont remplacées par des quantités importantes de végétaux autres, cela n'est donc pas forcément mieux. Choisissez des croquettes très riche en viande de préférence et éviter celles contenants majoritairement des "protéines d'origines animales".

Si vous pouvez les réhydratez avant de les donner, cela facilitera le transit de votre chien...

 

 

Le BARF ou « Biologically Appropriate Raw Food » ou encore, pour les nuls en anglais comme moi, « nourriture crue biologiquement appropriée ».

 

Cette « méthode » a été mise au point dans les années 90 par un vétérinaire australien. L’objectif est de donner à son animal l’alimentation qui se rapproche le plus possible de celle du carnivore à l’état sauvage, c’est à dire des proies et de leur contenu gastrique (seul apport en végétaux des carnivores).

Un des principes également est d’atteindre un équilibre alimentaire sur plusieurs semaines et non pas sur une journée car c’est comme cela que ça fonctionne dans la nature (souvenez vous, le carnivore ne mange pas tous les jours).

Les repas sont composés d’os charnus (40 % en moyenne), Viandes blanches et rouges (40 % également), abats (10%) et légumes et fruits crus mixés car le chien, encore une fois, ne pourra pas les mastiquer suffisamment (10%).

A cela se rajoute œuf et poisson de temps en temps à la place de la même quantité de viande.

Pour la viande rouge cela fait débat, certains estimant que consommée en grande quantité elle serait nocive pour le chien.

Personnellement je pars du principe que les canidés sauvages mangent ce qu’ils trouvent et varient souvent les plaisirs, des proies les plus petites (insectes, petits rongeurs…) jusqu’aux plus grosses pour ceux qui chassent en groupe ou les solitaires qui trouveraient des restes de repas ou réussiraient à en voler un peu. Qui dit grosses proies dit généralement viande rouge !

 

Certains rajoutent des vitamines ou autre compléments. Pour ma part je trouve cela contraire aux règles même du BARF puisque dans la nature personne ne leur donne de compléments alimentaires et pour autant un carnivore sauvage qui mange à sa faim n’est pas censé avoir de carence alimentaire. Je n’en vois donc pas l’intérêt.

Si quelqu’un a une explication logique et des arguments valables je suis preneuse. Pour l’instant je n’en ai pas trouvé.

 

Le Raw Feeding ou régime viandes crues

 

C’est à peu de chose près la même chose que le BARF, cette méthode à été mise au point par un autre vétérinaire, dans la même période et est à mon sens celle qui se rapproche le plus de l’alimentation du carnivore sauvage.

La viande est distribuée en gros morceaux et les os charnus représente 70 à 90 % de la ration, l’objectif étant de proposer à l’animal de déchiqueter lui même son repas. Des petites proies et poissons entiers sont régulièrement distribués.

Attention toutefois car les chiens non habitués à ce type d’alimentation pourraient vouloir gober la proie entière sans la déchiqueter et gare aux arrêtes et petits os si le chien ne prend pas un minimum le temps de les broyer !

Le reste sera composé d’abats, de panses vertes, d’œufs et très ponctuellement de fruits et légumes hachés. Ici pas de complément bien sur.

 

 

 

De nombreux courant sont dérivés de ces deux courants là.

 

 

La ration ménagère

 

Elle consiste à donner aux chiens à peu de choses près, ce que nous mangeons nous-même puisqu’il s’agit des restes de table, c’est à dire un régime d’omnivore et des produits cuits.

Ici pas de règles précises, il existe donc de très bonnes rations ménagères malgré le fait que les produits soient majoritairement cuits, et de très mauvaises, bien sur, lorsqu’elles sont composées en majorité de glucides et/ou de produits industriels.

 

 

 

 

 

Pour ma part j’ai choisis un mélange de raw feeding et de Barf.

Pour moi l’idéal serait le Raw Feeding unique mais cette méthode n’est pas toujours facile à mettre en place de façon économique mais aussi de façon pratique.

Ma base est donc une alimentation Raw feeding avec 70 % d’os charnus mais mon complément de viande est de la viande hachée par mon boucher composée de 60 % de viandes de toutes sortes (et cela permet vraiment un bon équilibre alimentaire) de 20 % d’abats, 20 % de graisse car mes os charnus sont plutôt maigre et qu’il fait froid l’hiver par ici.

La viande achetée chez mon boucher est moins chère, quand on a 7 chiens c’est important et clairement, à gérer, la viande hachée c’est vraiment pratique.

Comble du bonheur, la viande est locale et c’est bon pour ma conscience !

Je complète régulièrement avec des œufs, du poisson, et de façon hyper ponctuelle, des légumes et des fruits mixés.

Je congèle systématiquement ma viande avant de la donner pour limiter, autant que faire se peut, le parasitisme.

 

 

 

 

Petit point important soulevé par une de mes amies (merci Anne;)) qui me demandait mon avis d’éducateur canin sur la nourriture à base de viande crue.

Ne nous voilons pas la face, nos adorables boules de poils sont à la base des prédateurs chez qui subsistent encore ( et c’est fort heureux, nous n’avons pas encore réussi à les dénaturer totalement) une part plus ou moins grande de prédation.

Jouer à la balle, courir derrière le chat, les vélos, les voitures, réagir sur les congénères, « jouer » avec les copains et j’en passe ne sont rien de moins que des résidus plus ou moins importants de prédation.

 

Alors la viande crue augmente t’elle ces comportements ?

Et bien j’aurais tendance à dire que oui… mais de façon modérée et elle ne les crée pas si il n’existe pas.

 

La viande va combler le besoin primaire qu’a le chien de s’alimenter mais soyez conscient que dans la nature celui-ci peut passer plus de 8h par jour occupé à se nourrir et à chercher sa nourriture. Médor se sentira donc, peut être, pousser des ailes en passant à la viande crue et décidera, éventuellement, de combler par la même occaz son besoin de chasser.

 

Et si Médor a déjà des prédispositions importantes à la prédation, de par sa race ou son tempérament ou même par des habitudes, des conditionnement, cela peut en effet venir appuyer des comportements de prédation.

Pour autant cela ne va pas transformer votre adorable Cookie en monstre sanguinaire rassurez vous.

Cela ne va pas le rendre plus réactif aux congénères non plus mais pourrait l’inciter à chasser un peu plus si il le fait déjà ou à vouloir se servir directement sur la poule du voisin !

Ben oui, le poulet c’est vachement bon, en plus ça fait un petit bruit sympa quand on court derrière.

 

Cela pourrait générer également un peu plus de protection de ressource car plus le repas est intéressant, plus votre chien voudra le garder pour lui seul.

 

Mais tout ceci n’est avant tout qu’une histoire d’éducation et de vigilance. Il vous appartiendra de ne pas tolérer que votre chien vole son repas tout comme vous ne toléreriez pas qu’il aille voler dans votre assiette ou se servir directement dans le sac de croquette.

 

Et si vous vous rendez compte que cela augmente chez votre chien la volonté de chasser et bien à vous de combler ce besoin en lui organiser une chasse à la viande dans le jardin par exemple.

Le simple fait de cacher son alimentation et de le laisser la chercher comblera déjà une bonne partie de ce besoin.

 

En bref il existe plein d’astuce pour gérer au mieux la prédation de votre chien tout en comblant ce besoin primaire de façon ludique pour lui comme pour vous…


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