La médiation animale et la zoothérapie (la zoothérapie implique une thérapie et donc la présence d'un thérapeute contrairement à la médiation animale ou l'intervenant ne rentre pas dans "le soin" de la personne mais apporte simplement un mieux-être) ont le vent en poupe. Étant moi-même zoothérapeute et intervenante en médiation animale je ne vais pas vous dire que cela ne fonctionne pas, bien évidement car c'est un fait, les bienfaits et les améliorations sont indéniables.
Toutefois, en tant que comportementaliste je me dois de tirer la sonnette d'alarme sur le bien-être de nos animaux.
Il y a de plus en plus d'intervenants en médiation animale, de plus en plus de formations en tout genre, certaines plus sérieuses que d'autres bien sur mais elles restent selon moi toujours bien trop génériques et légères concernant le bien-être animal.
J'en vois même scander haut et fort que l'animal, doté d'un pouvoir magique va guérir l'humain de tous ses maux! Je vous jures j’exagère à peine.
Remettons donc les choses à leur place!
Premièrement, oui en effet l'animal est un être sensible et par la même il va parfois ressentir des choses que nous, pauvres humains coupés de nos sens, nous peinons à ressentir (il y a un truc à travailler chers humains là non?!).
En effet l'animal est très sensible aux émotions et aux différentes fréquences que tout le vivant génère car elles font partie intégrante de son mode de communication. Du coup nous avons tendance à lui prêter des facultés presque mystiques et à croire que juste par son contact fabuleux il va guérir tous nos maux, que lui au moins il nous comprends et nous aime comme nous sommes.
Je vais malheureusement briser les illusions de certains !
La majorité du temps, nos animaux ne comprennent absolument rien à notre monde humain! Ils apprennent un peu nos fonctionnement et s'adaptent comme ils peuvent. Nos modes de communications sont flous, inconstants, nous ne maitrisons plus notre langage corporel et nos émotions sont bien trop complexes pour eux!
Chaque groupe d'émotion primaire (la colère, la tristesse, la peur etc) se décline chez l'humain en un nombre très important de variantes totalement inaccessibles à l'animal ( la rancœur par exemple, qui est une nuance de la colère) pour la bonne raison, entre autre, que son système nerveux et cognitif ne permet pas la gestion et l'analyse de toutes ces variantes mais aussi parce qu'une partie de ces nuances émotionnelles nécessite des capacités mentales que l'animal ne possède pas.
La rancœur par exemple, est une colère, en générale non exprimée, alimentée par une activité mentale ( ressassement, fausses croyances, schéma de pensées etc). Pour le chien, la colère est une émotion nécessaire à la survie. Elle est réactionnelle, dure le temps d'une situation puis disparait. Il n'a pas la capacité cognitive de l'entretenir une fois la situation terminée.
En bref, l'animal, de façon général car cela varie d'un animal à l'autre, ne comprends guère plus de 10 % des émotions bien complexes que nous générons, même pas 1% de notre "diarrhée verbale" si on a fait l'effort de lui apprendre quelques trucs et comme on est devenu archi-nul en langage corporel il ne peut même pas s'appuyer la dessus. Il s'adapte à notre mode de communication tant bien que mal mais si nous ne faisons pas l'effort d'apprendre à communiquer avec lui en parlant sa langue, ben en fait il ne comprends pas grand chose le pauvre.
Et cela est source d'un immense inconfort pour lui, conduisant souvent à une anxiété généralisée puis à une somatisation voir à des troubles du comportement.
L'animal ne nous aime pas non plus, en tout cas pas de la façon dont nous, humain, nous l'entendons. ( Attachement quand tu nous tiens!).
Il reste avec nous parce qu'il n'a pas trop le choix la majorité du temps et il nous est fidèle non pas parce que nous sommes un être exceptionnel mais parce que nous représentons pour lui la sécurité, matérielle, affective (et oui nos animaux, dans ce monde d'humain ont besoin d'être rassuré et comme c'est auprès de vous qu'il vit, c'est vous qu'il comprends le mieux, vous êtes son repère) alimentaire etc.
Tout ça pour en venir au fait que la majorité du temps, dans un contexte de vie normale, l'animal nous subit!
Je sais, ça pique!
Alors imaginez le désastre, en situation de médiation animale, en séance, entre des enfants ou des adultes en difficultés, qui ont du mal a s'exprimer, qui ne gèrent pas leurs émotions ou leur langage corporels et un intervenant qui ne sait pas lire son animal.
Car le problème est bel et bien là! La majorité des intervenants et thérapeute, qui interviennent parfois avec plusieurs espèces, ce qui ne facilitent pas les choses, ne comprennent pas réellement leurs animaux donc la majorité du temps ils interprètent leur comportement de façon totalement anthropomorphique et ne savent pas non plus se faire comprendre d'eux!
La formation des intervenants sur les différents public et leur gestion est bien souvent plus que moyenne, et la nécessité de travailler sur soi, de gérer soi-même ses émotions avant d'accompagner d'autres humains est bien souvent laissée de coté .
Donc certains intervenants se persuade que ce n'est pas grave puisque de toute façon c'est l'animal qui fait le job!
Les animaux de médiations se retrouvent ainsi, bien souvent, dans des situations très anxiogènes, sans aucun référent solide puisque l'intervenant lui-même n'a pas la stabilité émotionnelle nécessaire, débordé par toutes ces émotions humaines qu'il ne sait pas géré, noyé dans un brouhaha verbal et gestuel, sans que son inconfort voir son mal-être ne soit pris en compte.
Un intervenant en médiation animale ou un zoothérapeute doit donc, selon moi, être capable de lire à la perfection son animal afin de savoir quand ça ne va pas pour lui, sinon il met en danger son intégrité émotionnelle et parfois physique. Cela implique d'être un minimum formé en éthologie quelque soit l'animal que l'on choisit (et oui même les poules, les lapins, les chèvres, les tortues communiquent et souffrent de ne pas être compris !). Vous n'y connaissez rien en éthologie de la tortue? Et bien choisissez un animal que vous connaissez ou FORMEZ VOUS!
Il doit être capable d'éduquer et de socialiser (ou de se faire accompagner par un professionnel de l'éducation en fonction de l’espèce qu'il a choisit) son animal.
Il doit travailler sur lui, se remettre en question, acquérir suffisamment de stabilité et de solidité pour que son animal puisse s'appuyer sur lui.
Il doit avoir une connaissance de l'humain suffisante pour gérer TOUTES les situations qu'ils pourraient rencontrer, même les plus difficiles et ne jamais laisser son animal se débrouiller seul.
L'animal n'est qu'un médiateur, un révélateur de la problématiques, c'est l'intervenant ou le thérapeute qui fait le job et pour cela il doit être correctement formé!
Alors s'il vous plait, prenez soin de vos animaux! VOUS avez choisit leur vie!
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